Comment les économistes, les sociologues et les politistes raisonnent-ils et travaillent-ils ?
Les économistes, les sociologues et les politistes raisonnent et travaillent sur la réalité du monde social avec des concepts, à travers « la théorie [qui] est toujours pour quelqu’un et pour quelque chose »[1]. En effet, ce travail scientifique en sciences sociales est « situé », c’est-à-dire qu’il cache des « intérêts ». Par conséquent, il existe plusieurs manières de produire le savoir sur le monde (épistémologie), mais aussi différentes manières de raisonner sur les objets qui constituent le monde (ontologie)[2]. Ces différences ontologiques et épistémologiques sont fondamentales, car ils influent sur la manière dont les scientifiques appréhendent théoriquement le monde (axiologie). Ainsi, l’économiste a pour objet d’étude l’« allocation efficace des ressources rares », quant au sociologue a pour objet l’analyse des « faits sociaux »[3], tandis que le politiste a pour objet de recherche les « rapports de pouvoirs »[4]. Mais, une problématique fondamentale émerge : Pourquoi parle-t-on de « sciences sociales » au plurielle ? Plus précisément, dans quelle mesure les sciences (sociales) sont-elles plurielles ? Pour répondre à ces questions, nous allons dans un premier temps expliquer les différentes ontologies en sciences sociales, notamment dans ses sous-disciplines de l’économie, de la sociologie et de la science politique. Dans un second temps, nous allons analyser les débats épistémologiques en sciences sociales. Enfin, dans une dernière partie, nous allons révéler les différents types d’approches scientifiques à la théorisation.
I) L’ontologie des sciences sociales
Bien que les sous-disciplines en sciences sociales s’appuient sur des démarches similaires (collecte de données, modélisation simplifiée de la réalité via des concepts théoriques, et l’explication causale), leurs objets principale d’étude peut être différent pour rendre compte des phénomènes. En effet, dans la mesure où la réalité sociale est complexe à saisir, il existe plusieurs manière de voir le monde[5]. Ainsi, le chercheur en sciences sociales peut porter la focale sur différents objets qui composent ce monde. Cela peut être les groupes d’individus en sociologie, les catégories de « classes sociales » comme c’est traditionnellement le cas en économie, ou encore le rôle prépondérant de l’Etat en science politique. Subséquemment, nous allons voir comment raisonnent les économistes, les sociologues et politistes.
1) Comment les économistes raisonnent-ils ?
L’économie est une discipline qui est sous le feu de nombreuses critiques, notamment en raisonnant à partir d’hypothèses et de modèles de l’économie extrêmement simplifiés avec l’utilisation abstraites de calculs mathématiques dont sont tirés des enseignements généraux ignorant les réalités concrètes sociologiques, historiques ou institutionnelles. Elle est aussi souvent perçue ironiquement comme ayant la « faculté à prévoir le passé ». En d’autres termes, ces critiques portent sur son incapacité à anticiper les crises, à l’instar de la crise financière des subprimes entre 2007 et 2008. L’objet de la recherche économique est de fournir les clés de compréhension aux imperfections des marchés, notamment aux marchés des capitaux (crises financières), aux marchés du travail (chômage) ou encore aux marchés des bien et des services (l’inflation), qui sont leurs sujets d’études habituels. Mais, les raisonnements économiques peuvent également s’appliquer aux fondements des choix individuels (choix rationnel) et des interactions (inter)sociales (théorie des jeux) dans des domaines aussi variés que la santé, la finance, la criminalité, les relations internationales ou encore dans la « fabrique de la violence politique ». Par exemple, des économistes ont cherché à expliquer les comportements de violence politique (comme le terrorisme, les guerres civiles, etc.) sous le prisme de la science économique[6]. Leurs analyses appliquent le modèle utilitariste du choix rationnel dans la participation à la violence politique, en mobilisant notamment la « théorie des jeux » pour étudier les stratégies des différents acteurs afin de comprendre les rationalités de ces formes particulières de violence, qui sont considérée comme étant le résultat d’un calcul coût-bénéfice. D’autres études appliquent les notions économiques de « capital humain » et de « marché du travail » qu’offrent les « entrepreneurs de violence », en portant la focale sur les causes économiques et s’interrogent donc sur l’existence de liens entre la (non)croissance économique (comme la pauvreté, le chômage, les conditions socio-économiques, etc.) et la violence politique.
2) Comment les sociologues raisonnent-ils ?
La sociologie est une discipline qui porte un regard scientifique et distancié sur des phénomènes sociaux, et donc elle permet de comprendre et d’expliquer ce qui les a rendus possibles. Ainsi, le travail du sociologue est de rompre avec les fausses évidences (les préjugés ou les « prénotions »), et donc de rendre le monde social plus compréhensible. Les critiques récurrentes adressées à la sociologie vont du rejet de «l’excuse sociologique», en particulier dès lors qu’il s’agit de comprendre et d’expliquer des phénomènes sociaux tels que la délinquance ou le terrorisme, sans chercher à les excuser ou à les justifier. En effet, les études sociologiques ne peuvent éviter la réalité des conditions sociales dans lesquelles les individus sont amenés à agir, c’est à dire des déterminants sociaux de leurs parcours et de leurs comportements sociaux, et donc de démontrer comment elles se constituent, se perpétuent, se renforcent. En d’autres termes, le sociologue à travers ses méthodes rigoureuses (en décrivant, en mesurant, et en analysant) fourni une grille de lecture les plus réalistes possibles de la réalité sociale pour gagner en prise de distance et en maîtrise par rapport à des déterminants sociaux (tels que les inégalités socio-économiques, les dominations, les discriminations) qui nous dépassent. Par conséquent, la sociologie nous invite à penser le réseau des relations d’interdépendance à l’intérieur d’un groupe social et par rapport aux autres groupes sociaux (politiques, religieuses, etc.) auxquels les individus socialisent. Par exemple, dans une étude sur les décisions d’achat du consommateur[7], celles-ci apparaissent comme le résultat d’interactions sociales dans divers champs de socialisation tels que la sphère privée (famille, groupes de pairs, etc.) ou publique (médias, réseaux sociaux, etc.), mais aussi des dispositifs du marché (emballages, publicité, etc.) qui orientent « l’habitus[8] » du consommateur.
3) Comment les politistes raisonnent-ils ?
Dans l’ouvrage intitulé « L’atelier du politiste – Théories, actions, représentations [9]», Pierre Favre et Olivier Fillieule affirment s’il est pertinent ontologiquement de poser la question de « l’objet de la science politique ». En effet, ces auteurs constatent la pluralité des définitions de l’objet de la science politique et leurs incapacités à s’imposer. Ainsi, la question de l’objet de la science politique pose un problème empirique, et que « les disciplines scientifiques sont à géométrie variable parce que la science à chaque moment construit ses objets[10] ». Néanmoins, l’auteur déplace la question de l’objet de la science politique vers des niveaux infra-disciplinaires et distingue les objets matériels « déjà donnés là » (objets avec matérialité, localisables) et les objets immatériels ou idéels « qui ne sont pas donnés là » (pouvoir, Etat, légitimité).

C’est pourquoi Bernard Voutat affirme que la « question de l’objet de la science politique comme discipline doit être écartée[11] », mais que la question de la « définition de cet objet qu’est le politique comme objet de science[12] » reste entière. L’auteur invite donc à « penser le politique comme objet problématique des sciences sociales dans leur ensemble[13] ». A cet égard, Nicolas Machiavel, considéré comme le père fondateur de la science politique moderne, dit à ce propos que « tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout[14] ». C’est pourquoi certain auteur, comme Cécile Péchu dans son livre « Laissez parler les objets ! [15]» considère que la construction de l’objet en science politique « […] est le résultat de la recherche empirique et doit s’y ancrer[16] ». En d’autres mots, l’objet de la science politique n’est pas la réalité physique telle que décrite par les sciences naturelles, son objet d’étude est plutôt caractérisé comme une « réalité sociale » (ou politique) qui est diffuse (non-palpable). Par définition, les sciences politiques sont l’étude des relations de domination et de pouvoir[17]. Par conséquent, l’objet d’analyse de la science politique est la « chose politique », à savoir l’activité et le maintien d’un ordre social qui est construit historiquement, notamment par une communauté politique organisée (acteurs étatiques, villes, régions, ONG, etc.). Comme nous venons de l’exposer, il existe plusieurs manières de voir le monde (ontologie), et donc il existe différentes manières de produire le savoir sur ce monde (épistémologie), c’est ce que nous allons mettre en exergue dans les prochaines lignes.
II) L’épistémologie des sciences sociales
D’après Patrick Thaddeus Jackson, il existe différente manière de produire le savoir en sciences sociales[18] (l’épistémologie). Mais une particularité demeure, c’est la réfutabilité des théories et de leurs hypothèses sous jacentes qui sont vérifiable à travers l’expérience et l’explication causale qui rend les sciences (sociales) scientifiques. C’est la raison pour laquelle le travail scientifique consiste en un va-et-vient permanent entre la théorie et l’empirie (l’expérience sur le terrain). Néanmoins, les sciences sociales restent divisées sur la manière d’étudier la réalité sociale entre les « quantitativistes » et les « qualitativistes »[19]. Ci-dessous, nous allons voir les points communs dans leurs démarches scientifiques et leurs principales différences épistémologiques.
1) Les principes de scientificité en sciences sociales
Il existe différentes méthodologie d’enquête en sciences sociales pour rendre compte de la réalité sociale, mais un principe reste le même qui est l’élaboration d’une problématique de recherche jusqu’à la collecte des données empiriques, en passant par l’utilisation de modèles théoriques (c’est-à-dire de représentations simplifiées du monde social) qui permettent « d’appréhender une réalité autrement aussi insaisissable qu’un nuage de poussière[20] ». En conséquence, la démarche des sciences sociales est d’expliquer et de comprendre les « normes sociales » qui construisent la réalité sociale. Cette entreprise scientifique peut être atteinte par l’analyse de l’utilité des « pratiques sociales » (ou des institutions), et d’observer leurs « liens de causalités » (ou « mécanismes causales ») via la description de changement d’une variable en fonction d’une autre variable, afin d’observer s’il y a une corrélation. Mais, il faut bien distinguer corrélation et causalité. Si deux éléments varient ensemble on peut faire l’hypothèse que la variation de l’un des éléments est la cause de la variation de l’autre. On parlera ici d’un « lien de causalité », à conditions de pouvoir en faire la démonstration par des données empiriques (c’est-à-dire de données tirées du terrain de recherche). Par exemple, d’après les économistes Daniel Mirza, Thierry Verdier et José de Sousa, dans un article portant sur « Les coûts économiques du terrorisme », ils ont démontré que la baisse des activités économiques (la « variable indépendante », c’est-à-dire « la variable explicative » d’un phénomène), accentuée par les politiques sécuritaires mises en œuvre dans les pays du Nord, tend à y nourrir en retour le terrorisme (la « variable dépendante », c’est-à-dire « la variable a expliquer » d’un phénomène), notamment en compromettant l’intégration de certains groupes sociaux qui sont « étiquetés » et « stigmatisés » comme étant la nouvelle « classe dangereuse ». Ces derniers ont alors plus de difficultés à trouver un emploi ou un logement favorisant ainsi le recrutement des « entrepreneurs de la violence ». En somme, le basculement dans la violence politique peut résulter d’une dégradation socio-économique d’une partie de la population, de son manque de perspectives et de représentation politique, des problèmes identitaires pouvant s’ajouter aux « frustrations relatives » sur le plan matériel et social. Néanmoins, ces deux variables peuvent avoir un lien de causalité réciproque. En effet, l’augmentation du terrorisme qui découle d’une dégradation socio-économique d’une partie de la population, s’accompagne en retour d’une baisse des activités économiques en raison des coûts en termes de mesures sécuritaires qui prive de moyens certains services publics par un transfert du budget de l’Etat au profit de la lutte contre le terrorisme[21]. Or, ces dépenses sécuritaires (qui est un « travail non-productif ») ne sont pas génératrices de richesses nouvelles comme peuvent l’être l’éducation, les dépenses d’infrastructures ou la santé[22]. En conséquence, ces économistes préconisent que la meilleure allocation des ressources rares (notamment le budget limité de l’Etat) sont en réalité les « programmes de développement économique et social qui pourraient avoir une certaine efficacité dans la lutte contre le terrorisme[23] ».
2) Epistémologie positiviste : les études quantitatives
D’après le sociologue Émile Durkheim, les « faits sociaux » sont « sui generis » (c’est-à-dire qu’ils sont indépendants et extérieurs aux individus), et par conséquent ils peuvent être objectivement quantifiés, par exemple sous la forme d’études statistiques (cf. Les études sociologiques sur « Le suicide[24]»). La qualité de l’information statistique, à travers les sondages sous la forme d’échantillonnage (tirage aléatoire ou méthode des quotas) et de questionnaires (questions directifs ou questions semi-directif), participe à une connaissance rigoureuse de la réalité économique et socio-politique sur laquelle appuyer les raisonnements scientifiques. Mais, un mauvais usage des statistiques, volontaire ou non, peut nuire à la qualité de l’information et induire en erreur (notamment la manière de formuler les questions, les présentations biaisées de chiffres, le choix des échelles de représentation, etc.), et donc alimentent un certain scepticisme à l’égard des informations chiffrées[25]. À titre d’exemple, Jean-William Angel rappelle que le « halo du chômage » complète l’information statistique donnée par l’indicateur officielles du chômage (qui ne rend pas compte de la réalité socio-économique). En effet, le « halo du chômage » comptabilise les personnes dans une situation proche du chômage (sans emploi et qui souhaiteraient travailler), mais qui ne sont pas classées comme chômeurs dans les statistiques officielles, car elles n’en remplissent pas tous les critères du chômage (à l’instar des personnes à la recherche d’emploi qui sont « radié » de la liste des demandeurs d’emploi par « France Travail »[26]). Certes, le rôle des techniques statistiques est une approche dominante en sciences sociales, notamment dans la discipline économique[27], néanmoins les développements de la science comportementale (« behavioral science ²») ont également fait évoluer profondément l’épistémologie « positiviste » en sciences sociales. En effet, en produisant des connaissances théoriques nouvelles en confrontant les prédictions des modèles quantitatives aux observations sur le terrain, la science comportementale permet de collecter des données difficilement accessibles par les enquêtes statistiques, par exemple le rôle joué par les erreurs de jugement (biais cognitifs), les émotions, ainsi que les normes et interactions sociales (biais moraux, biais de conformité), dans les processus de décision des individus[28]. Cette limite des études « positivistes » de la réalité sociale est remise en question par les « post-positivistes », c’est que nous allons développer dans les prochaines lignes.
3) Epistémologie post-positiviste : les études qualitatives
Les sciences sociales (comme la sociologie, l’économie et la science politique) sont des sciences particulières car, contrairement aux sciences naturelles, le scientifique est inclus dans son objet d’enquête, c’est à dire qu’il n’est pas objectivement séparé de son objet d’étude. Plus précisément, il y a une relation de « co-constitution » entre le chercheur en science social et son objet de recherche. C’est-à-dire qu’il y a une relation d’influence réciproque, dans laquelle le chercheur est à la fois le produit d’une socialisation dans la société, mais qu’il influe lui même la société à travers ses recherches et la production théorique (à l’image des théories marxistes qui ont influé profondément la sphère politique, économique et sociale). Par conséquent, les données de la réalité sociale qui ne peuvent pas être quantifié (car ils ne sont pas séparés objectivement des individus comme les « jugement de valeurs », les goûts ou les idéologies, etc.) peuvent être des objets d’études à part entière, à l’instar du sociologue Max Weber dans sa « sociologie compréhensive » qui prend pour objet d’étude le sens que donne les individus dans leurs comportements sociaux. C’est pourquoi la méthode ethnographique pour observer le comportement des agents est celle qui est dominante pour les études qualitatives. Mais, d’autres approches qualitatives sont également utilisées comme « l’analyse de discours », l’étude des archives, les « questionnaires », les « entretiens directifs » ou « semi-directif », afin de cerner les perceptions et actions des individus qui ne sont pas quantifiable. Très souvent, les approches qualitatives en sciences sociales croisent différentes méthodes comme Alexandre Dézé dans une enquête sur la réception du discours politique par des militants du « Front National »[29] (parti politique français qui est aujourd’hui connu sous le nom de « Rassemblement National »). En effet, dans cette étude le chercheur déplace la question de l’influence du discours du parti politique et questionne la construction du sens de ce discours en interaction avec ses militants[30]. En mobilisant à la fois l’enquête par des questionnaires et des entretiens individuels, l’auteur montre l’« importance d’analyser le moment de réception dans son contexte originel[31] », et la « priorité qui doit être accordée à la co-construction par le récepteur du sens du discours[32] ». Néanmoins, cette relation de co-construction, notamment entre l’interprétation du chercheur et son objet d’enquête rend les sciences sociales comme un moyen « politique » pour légitimer ou délégitimer certains choix politiques, économiques ou sociaux. En effet, le juriste Hans Kelsen admet que : « c’est plus difficile de séparer la science de la politique que de se conformer aux postulats [d’objectivité] dans le champ des sciences naturelles. Mais ce dernier n’est pas immunisé du danger d’être politisés[33] ». C’est ce « biais cognitif » en sciences sociales que nous allons voir ci-après.

III) (Im)partialité axiologique des sciences sociales
D’après le politologue Robert Cox, il existe deux types d’approche à la théorisation[34]. La première approche à la théorisation est la « résolution des problèmes » (problem solving), qui est une démarche propre aux approches dominantes, et qui amène à prendre pour naturel la configuration des institutions et des relations socio-économiques et politiques. Par exemple, la « réification » (chosifier) d’une situation historique donnée comme le modèle Etatiste Westphalien et à se focaliser sur les obstacles à son bon fonctionnement. La deuxième approche à la théorisation est la « théorie critique » (critical theory), qui est une démarche propre aux approches dissidente (critique), et qui porte la réflexion sur les conditions de production des théories comme élément clé de la pratique de la science et de la reproduction de l’ordre socio-politique existant ou de sa remise en cause. Dans cette partie, nous allons voir ces différents types d’approches scientifiques à la théorisation en sciences sociales[35].
1) La théorie traditionnelle
La théorie traditionnelle (ou « problem-solving theory ») a une vocation conservatrice, c’est-à-dire que la réalité sociale est considérée comme une donnée stable dont il faut résoudre les problèmes en appliquant une logique de moyen qui est justifiée par la fin (notamment le maintien du status-quo)[36]. En effet, le discours dominant en sciences sociales est parfois pris en charge par des « communautés épistémiques » (c’est-à-dire des communauté ayant les même schèmes de pensées) dont les intérêts intellectuels sont alignés sur les intérêts politiques de ceux qu’ils conseillent[37]. Par exemple, les discours économiques par les conseillers du Fonds Monétaire International qui ont justifiés les « plans d’ajustement structurel », et qui ont ralenti durablement le développement des pays du sud. La théorie traditionnelle a toujours eu l’ambition de conforter les résultats théoriques (souvent à travers des modèles abstrait et manipulable comme les statistiques ou les mathématiques[38]) aux données empiriques avant de faire des justifications de prescription politique, économique ou sociale. En effet, dans son étude sur les phénomènes de suicide à l’aube du XX ème siècle, Émile Durkheim n’hésitait pas à conforter sous forme de statistiques la légitimité d’institutions anciennes comme le mariage ou la religion qui étaient en proie aux contestations révolutionnaires de l’ordre établi (en l’occurrence ici le système matrimonial, le patriarcat, etc.)[39]. C’est la raison pour laquelle Émile Durkheim n’hésitait pas à dire que « la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle n’avait pas d’utilité pratique[40] ». En d’autres termes, selon Durkheim, les sciences sociales ont une vocation conservatrice de la société dont il faut résoudre les problèmes qui l’entravent ou menacent son bon fonctionnement. De nos jours, ce sont des « algorithmes » (« Machine Learning » : ou apprentissage automatique) qui s’ajoute à la boîte à outils des scientifiques non seulement pour exploiter de nouvelles données et incorporer de nouvelles méthodes, mais aussi, pour résoudre les problèmes qui menacent l’ordre établi. En effet, ces algorithmes sont des technologies d’intelligence artificielle permettant aux ordinateurs d’apprendre par eux-mêmes, mais qui reproduisent les « biais cognitifs » des individus qui les ont programmés au préalable. À titre d’exemple, un algorithme peut orienter le juge à prendre une décision, ou déterminer le meilleur candidat à embaucher ou encore à intégrer dans une grande école[41], et donc de reproduire de manière systémique les discriminations que subissent certaines populations qui sont stigmatisées.
2) La théorie critique
La théorie critique, qui est héritière de la philosophie idéaliste kantienne, dispose de trois caractéristiques. La première caractéristique de la théorie critique est le rejet sans concession de la thèse de l’immuabilité des structures socio-politiques, c’est-à-dire leurs caractères invariables, ce que Ian Hacking nomme « l’inévitabilité du status quo[42] ». À cet égard, la théorie critique insiste sur l’impact des forces structurantes de l’histoire des sociétés (par exemple, le domaine des idées politiques, économiques, religieuses, etc.). En effet, les sciences sociales, en portant un regard critique et distancié sur des phénomènes socio-politiques, permet de comprendre ce qui les a rendus possibles, de rompre avec les fausses évidences et rendre ainsi le monde social plus intelligible. Par conséquent, de nombreuses condamnation récurrentes sont adressées aux sciences sociales, et plus largement aux postures critiques. Celles-ci vont du rejet des « explications sociologiques » ou de « l’excuse sociologique », en particulier dès lors qu’il s’agit de comprendre des actes condamnables tels que la délinquance ou le terrorisme[43]. Ces anathèmes contre les sciences sociales « émanent essentiellement d’acteurs politiques, d’éditorialistes et d’essayistes, porteurs d’une vision conservatrice et sécuritaire de l’ordre social[44] » qui a pour effet de « légitimer les vainqueurs de toute sorte et de nier la domination[45] ». Dans une telle vision, le monde social (avec son lot d’inégalités et de dominations de toute sorte) est naturalisé, à l’image du discours dominant sur « les pauvres qui sont pauvres ou les riches qui sont riches parce qu’ils en sont responsables » sans rappeler les conséquences sociologiques « des politiques (ou plus souvent des absences de politiques) étrangères, économiques, sociales, culturelles, scolaires[46] ».
La deuxième caractéristique de la théorie critique, c’est le plaidoyer incessant en faveur de l’articulation entre connaissance et pouvoir (intérêt), c’est-à-dire que la production de la connaissance est constitutive de relation de pouvoir et qu’elle ne peut être séparée des conditions sociales du chercheur. En effet, la théorie critique reconnait qu’il existe entre le théoricien et la société un rapport de « co-constitution », dans laquelle l’activité du théoricien est affectée par la pression de divers mécanismes sociologiques, mais aussi la société est produite, voire maintenue par l’activité théorique. Par exemple, le sociologue Bernard Lahire révèle que certain théoricien « […] ont d’emblée une visée politique, idéologique, morale au moment de leur travail d’enquête et qui gardent en permanence un œil rivé sur les fonctions sociales ou les services [pécuniaires] que pourrait rendre leur travail, [et donc] ont parfois bien du mal à ne pas confondre le savant et le politique en eux[47] ». De ce fait, Pierre Bourdieu souligne les risques du travail théorique au service des puissants, car :
«Une bonne partie de ceux qui se désignent comme sociologues ou économistes sont des ingénieurs sociaux qui ont pour fonction de fournir des recettes aux dirigeants des entreprises privées et des administrations. Ils offrent une rationalisation de la connaissance pratique ou demi-savante que les membres de la classe dominante ont du monde social. Les gouvernants ont aujourd’hui besoin d’une science capable de rationaliser, au double sens, la domination, capable à la fois de renforcer les mécanismes qui l’assurent et de la légitimer. Il va de soi que cette science trouve ses limites dans ses fonctions pratiques, aussi bien chez les ingénieurs sociaux que chez les dirigeants de l’économie. Elle ne peut jamais proférer de mise en question radicale[48]».
En revanche, la production de vérités sur le monde social va souvent à l’encontre des fonctions sociales de légitimation, de justification des pouvoirs et des politiques qu’on peut vouloir faire jouer aux sciences sociales. En effet, le sociologue Pierre Bourdieu rappelle à cet égard que :
« […] parmi les gens dont dépend l’existence de la sociologie, il y en a de plus en plus pour demander à quoi sert la sociologie. En fait, la sociologie a d’autant plus de chances de décevoir ou de contrarier les pouvoirs qu’elle remplit mieux sa fonction proprement scientifique. Cette fonction n’est pas de servir à quelque chose, c’est-à-dire à quelqu’un. Demander à la sociologie de servir à quelque chose, c’est toujours une manière de lui demander de servir le pouvoir. Alors que sa fonction scientifique est de comprendre le monde social, à commencer par les pouvoirs. Opération qui n’est pas neutre socialement et qui remplit sans aucun doute une fonction sociale. Entre autres raisons parce qu’il n’est pas de pouvoir qui ne doive une part – et non la moindre – de son efficacité à la méconnaissance des mécanismes qui le fondent[49]»
Ainsi, d’après le sociologue Bernard Lahire, les sciences sociales (comme la sociologie, l’anthropologie, l’histoire) sont intimement liées à la démocratie, car elles se sont « historiquement construites contre les naturalisations des produits de l’histoire, contre toutes les formes d’ethnocentrisme fondées sur l’ignorance du point de vue (particulier) que l’on porte sur le monde, contre les mensonges involontaires ou délibérés sur le monde social. Pour cette raison, elles sont d’une importance primordiale dans le cadre de la Cité démocratique moderne[50] ». Et donc, les sciences sociales sont assez logiquement « mal aimées des régimes conservateurs et éradiquées par les régimes dictatoriaux . Car la démocratie a partie liée, dans l’histoire, avec les «Lumières», et notamment avec la production de ‘vérités sur le monde social’ : la vérité des faits, objectivables, mesurables, qui est, malheureusement, la vérité des inégalités, des dominations, des oppressions, des exploitations, des humiliations[51] ». En effet, d’après le sociologue Philippe Corcuff, les sciences sociales sont : « souvent critiques sur les différents ordres sociaux et politiques [ce qui] irritent les gouvernants et plus largement les élites[52] ».
La troisième caractéristique de la théorie critique, c’est l’obstination à mieux « comprendre les conditions qui stimulent ou soutiennent l’émancipation[53] ». Effectivement, la théorie critique prône l’émancipation à toutes les dimensions de l’oppression et d’exclusion sociale (la race, le genre, etc.). Ainsi, la théorie critique part d’une remise en question immanente de l’état actuel des choses pour accélérer l’évolution vers une société libérée de l’injustice. Sous cet angle, tout ce qui entrave le bonheur des individus est donc source d’insécurité. Autrement dit, pour les théoriciens critiques, c’est l’émancipation (et non la puissance ou l’ordre) qui produit la vraie sécurité. L’intérêt primordial de la théorie critique réside en la création de conditions matérielles et idéelles susceptibles de lever les contraintes (symboliques, structurelles ou physiques) qui brident la pleine expression du potentiel humain. En d’autres termes, la « théorie critique » a une ambition révisionniste, au sens où elle prend au sérieux le caractère de construction sociohistorique de la réalité sociale. Plus précisément, elle essaie de comprendre comment s’est consolidé la réalité sociale et d’analyser les conditions dans lesquelles celle-ci peut être transformée[54]. Par conséquent, pour la théorie critique, l’objectif de sciences sociales n’est pas la vérité mais de dévoiler les « régimes de vérité[55] » au regard de son objet empirique (par exemple, le fait de déconstruire la structure du monde social, politique, économique, etc.). Dans une perspective différente, la sociologie critique de Pierre Bourdieu entretient l’idée que, par son entreprise de dévoilement de la réalité des rapports sociaux, un autre monde est possible[56].
3) La neutralité axiologique
On voit bien que dans ces « débats ontologiques, épistémologiques et axiologiques » entre les théories traditionnelles (positivistes) et les théories critiques (post-positivistes) se posent la question des rapports entre « Le savant et le politique[57] » (pour reprendre le titre d’un ouvrage célèbre du sociologue allemand Max Weber). A cet égard, Max Weber, bien que libéral et politiquement modéré, recommandait le recrutement d’un anarchiste comme professeur de droit, car il aurait été susceptible de «découvrir dans les intuitions fondamentales de la théorie courante du droit une problématique qui échappe à tous ceux pour lesquels elles ne sont pas trop évidentes[58] ». En effet, c’est parce que l’anarchiste est désintéressé par l’Etat qu’il peut appréhender de manière originale l’étude du droit. C’est ce que Max Weber appelle la « neutralité axiologique », dans laquelle le chercheur n’a pas de « jugement de valeur » qui est intéressé sur son objet d’étude, et donc qui évite de biaiser son analyse. C’est pourquoi Max Weber disait qu’« une science empirique ne saurait enseigner à qui que ce soit ce qu’il doit faire, mais seulement ce qu’il peut et – le cas échéant – ce qu’il veut faire[59] ». En outre, Émile Durkheim, fondateur français de la sociologie, pouvait insister sur cet indifférentisme de principe (la « neutralité axiologique ») que doit adopter le savant vis-à-vis des conséquences pratiques de ses découvertes :
« La science commence dès que le savoir, quel qu’il soit, est recherché pour lui-même. Sans doute, le savant sait bien que ses découvertes seront vraisemblablement susceptibles d’être utilisées. Il peut même se faire qu’il dirige de préférence ses recherches sur tel ou tel point parce qu’il pressent qu’elles seront ainsi plus profitables, qu’elles permettront de satisfaire à des besoins urgents. Mais en tant qu’il se livre à l’investigation scientifique, il se désintéresse des conséquences pratiques. Il dit ce qui est ; il constate ce que sont les choses, et il s’en tient là. Il ne se préoccupe pas de savoir si les vérités qu’il découvre seront agréables ou déconcertantes, s’il est bon que les rapports qu’il établit restent ce qu’ils sont, ou s’il vaudrait mieux qu’ils fussent autrement. Son rôle est d’exprimer le réel, non de le juger[60] ».
Par conséquent, Durkheim affirme que « le savant a le devoir de développer son esprit critique, de ne soumettre son entendement à aucune autre autorité que celle de la raison[61] ». En effet, lorsqu’elles sont fondées sur l’enquête empirique (quelle qu’en soient les modalités : travail à partir d’observations, d’entretiens, de données statistiques ou d’archives, etc.), les sciences sociales peuvent constituer une démarche de « neutralité axiologique » face à l’ensemble des discours de « sens commun » tenus sur le monde social, des plus ordinaires aux plus publics et puissants[62].
En revanche, état donné que nous sommes socialisés dans un « monde social » composé de « normes sociales » qui nous contraignent à voir et à construire la « réalité sociale », la notion de « neutralité axiologique » est davantage un objectif souhaitable qu’un objectif réaliste. En effet, l’idée que le scientifique puisse se débarrasser complètement de ses valeurs est un objectif illusoire car, le chercheur en sciences sociales n’est pas en position d’extériorité absolue par rapport à son objet d’enquête. A cet égard, on sait bien qu’en fonction de leurs trajectoires, de leurs expériences et de leurs rapports aux valeurs, les chercheurs importent dans leur métier des questionnements, des angles de vue, des préoccupations, et parfois même des colères et des agacements qui leurs sont propres.

Conclusion :
Il est tout à fait justifié de parler de sciences sociales au plurielle, car chaque sous-champ disciplinaire (comme la science politique, la sociologie et l’économie) sont interconnectés. C’est pourquoi les sciences sociales sont une science interdisciplinaire. En effet, chaque sous-domaine des sciences sociales (tels que l’économie, la sociologie et la science politique) est un élément du tableau de la « réalité sociale » afin de saisir les relations de richesses, les relations sociales et les relations de pouvoir entre les humains ou les communautés. L’objectif des sciences sociales n’est pas la « vérité », c’est plutôt de débusquer les « régimes de vérité[63] » au regard de leurs objets empiriques (par exemple, la structure de l’économie, de la société, de l’Etat, etc.). En d’autres termes, l’objectif des sciences sociales est d’expliquer et de comprendre les « normes » (sociales, économique et politiques) qui construisent le « monde social ». Cette entreprise scientifique peut être réalisée en analysant l’utilité des « pratiques sociales » ou des institutions et en observant leurs effets (ou leurs « mécanismes causals ») à travers la description de changement d’une variable en fonction d’une autre. Bien que ces sous-disciplines en sciences sociales s’appuient sur des démarches similaires (collecte de données, modélisation simplifiée de la réalité via des concepts théoriques, et l’explication causale), leurs objets principale d’étude peut être différent pour rendre compte des phénomènes. En effet, dans la mesure où la réalité sociale est complexe à saisir, il existe plusieurs manière de voir le monde (ontologie)[64]. Ainsi, le chercheur en sciences sociales peut porter la focale sur différents objets qui composent ce monde. Cela peut être les groupes d’individus en sociologie, les catégories de « classes sociales » comme c’est traditionnellement le cas en économie, ou encore le rôle prépondérant de l’Etat en science politique. Mais une particularité demeure, c’est la réfutabilité des théories et de leurs hypothèses sous jacentes qui sont vérifiable à travers l’expérience et l’explication causale qui rend les sciences (sociales) scientifiques. C’est la raison pour laquelle le travail scientifique consiste en un va-et-vient permanent entre la théorie et l’empirie (l’expérience sur le terrain). Néanmoins, les sciences sociales restent divisées sur la manière d’étudier la réalité sociale (épistémologie) entre les « quantitativistes » et les « qualitativistes »[65]. De plus, d’après le politologue Robert Cox, il existe deux types d’approche à la théorisation[66]. La première approche à la théorisation est la « résolution des problèmes » (problem solving), qui est une démarche propre aux approches dominantes, et qui amène à prendre pour naturel la configuration des institutions et des relations socio-économiques et politiques. Par exemple, la « réification » (chosifier) d’une situation historique donnée comme le modèle Etatiste Westphalien et à se focaliser sur les obstacles à son bon fonctionnement. La deuxième approche à la théorisation est la « théorie critique » (critical theory), qui est une démarche propre aux approches dissidente (critique), et qui porte la réflexion sur les conditions de production des théories comme élément clé de la pratique de la science et de la reproduction de l’ordre socio-politique existant ou de sa remise en cause. Donc, l’idée que le scientifique puisse se débarrasser complètement de ses valeurs est un objectif illusoire car, le chercheur en sciences sociales n’est pas en position d’extériorité absolue par rapport à son objet d’enquête. Ainsi, plutôt que de nier l’existence même de nos valeurs ou d’ignorer notre position (sociale, culturelle, historique, etc.), nous préférons la posture épistémologique et ontologique de la « réflexivité[67] ». En d’autres termes, le chercheur doit prendre conscience de son « habitus[68] » afin de mieux appréhender la « réalité sociale ». Par conséquent, dans une certaine mesure, les postures ontologiques, axiologiques et épistémologiques en sciences sociales se chevauchent.
Notes bibliographiques :
[1] Robert W. Cox, « Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory », Millennium, 10 (2), 1980, p. 128
[2] Patrick Thaddeus Jackson, “Chap. 1: Playing with fire” in The Conduct of Inquiry in International Relations: The Philosophy of Science and its Implications for the Study of World Politics. New York: Routledge, 2011, pp. 1-25
[3] Durkheim, Émile, « Les règles de la méthode sociologique », 13e édition Quadrige, PUF, 2007
[4] Entretien de Michel Foucault sur la définition du « pouvoir comme une relation ». URL : https://youtu.be/7x5M-Gs2X1M
[5] Patrick Thaddeus Jackson, op. cit., pp. 1-25
[6] Thierry Deffarges, « Sur la nature et les causes du terrorisme. Une revue de la littérature économique » dans la Revue Tiers Monde (en ligne sur cairn), n°174, 2/2003, p.369-392. Parmi ces travaux figurent aussi ceux d’Alan B. Krueger, économiste du travail et de l’éducation à l’Université de Princeton, auteur de l’ouvrage « What Makes a Terrorist: Economics and the Roots of Terrorism », publié en 2007. Voir aussi Alan B. Krueger, Jitka Maleckov, « Education, Poverty and Terrorism: Is There a Causal Connection? », Journal of Economic Perspectives, Vol. 17 (4), 2003, 119–144
[7] Sophie Dubuisson-Quellier, « De la routine à la délibération. Les arbitrages des consommateurs en situation d’achat », Réseaux, Vol.24, n°135-136, 2006, pp.253-284
[8] Concept forgé par le sociologue Pierre Bourdieu qui signifie « l’ensemble des dispositions acquises par la socialisation ». Pour aller plus loin lire le livre de Bourdieu sur «La distinction : Critique sociale du jugement », Editions de Minuit, 1979
[9] Pierre Favre et Olivier Fillieule, « L’atelier du politiste – Théories, actions, représentations », Édition la découverte, 2007
[10] Ibid. p.21
[11] Ibid., p.42
[12] Ibid., p.43
[13] https://ses.ens-lyon.fr/les-fiches-de-lecture/l-atelier-du-politiste-theories-actions-representations-33322
[14] Nicolas Machiavel, « Le Prince », 1532
[15] Cécile Péchu, « Laissez parler les objets ! », in Pierre Favre et Olivier Fillieule, « L’atelier du politiste – Théories, actions, représentations », Édition la découverte, 2007, pp. 59-78
[16] Ibid., p.61
[17] Entretien de Michel Foucault sur la définition du « pouvoir comme une relation ». URL : https://youtu.be/7x5M-Gs2X1M
[18] Patrick Thaddeus Jackson, “Chap. 1: Playing with fire” in The Conduct of Inquiry in International Relations: The Philosophy of Science and its Implications for the Study of World Politics. New York: Routledge, 2011, pp. 1-25
[19] https://ses.ens-lyon.fr/articles/economie-sociologie-comment-raisonnent-et-travaillent-ces-deux-sciences-sociales-une-application-a-lentreprise
[20] https://ses.ens-lyon.fr/articles/sociologie-a-quoi-sert-la-sociologie-aujourd-hui–29213
[21] https://ses.ens-lyon.fr/articles/regards-sur-le-terrorisme-que-nous-disent-les-economistes-les-sociologues-et-les-politistes-285952
[22] Ibid.
[24] Durkheim, Émile, « Le suicide : étude de sociologie », 13e édition Quadrige, PUF, 2007
[25] https://ses.ens-lyon.fr/articles/atelier-pedagogique-les-statistiques-info-ou-intox
[26] Cette agence publique française est anciennement connue sous le nom de « Pôle Emploi »
[27] https://ses.ens-lyon.fr/articles/le-role-de-l-economiste-et-la-place-de-l-economie-dans-la-societe-aujourd-hui-25424
[28] https://ses.ens-lyon.fr/articles/leconomie-comportementale-nouvelle-approche-des-comportements-individuels-et-des-phenomenes-sociaux
[29] Alexandre Dézé, « L’image en question. Retour sur une enquête de réception du discours graphique du Front National », Mots, n°81, 2006
[30] https://ses.ens-lyon.fr/les-fiches-de-lecture/l-atelier-du-politiste-theories-actions-representations-33322
[31] Alexandre Dézé, « L’image en question. Retour sur une enquête de réception du discours graphique du Front National », Mots, n°81, 2006, p.329
[32] Ibid.
[33] Kelsen, Hans. “Science and Politics.” The American Political Science Review, vol. 45, no. 3, 1951, pp. 646
[34] Robert W. Cox, « Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory », Millennium, 10 (2), 1980, p. 126-155
[35] Max Horkheimer, « Théorie traditionnelle et Théorie critique », Paris, Gallimard, 1974
[36] Robert W. Cox, « Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory », Millennium, 10 (2), 1980, p. 126-155
[37] https://ses.ens-lyon.fr/articles/intervention-de-roger-guesnerie-aux-assises-des-ses-72042
[38] https://ses.ens-lyon.fr/articles/atelier-pedagogique-les-statistiques-info-ou-intox
[39] https://ses.ens-lyon.fr/articles/sociologie-a-quoi-sert-la-sociologie-aujourd-hui–29213
[40] https://ses.ens-lyon.fr/articles/sociologie-a-quoi-sert-la-sociologie-aujourd-hui–29213
[41] https://ses.ens-lyon.fr/articles/laisser-parler-les-donnees-applications-du-machine-learning-en-economie
[42] Ian Hacking, « The Social Construction of What? », Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1999, p. 6
[43] https://ses.ens-lyon.fr/articles/entretien-avec-bernard-lahire-la-sociologie-n-incarne-pas-une-culture-de-l-excuse–294371
[44] https://ses.ens-lyon.fr/articles/entretien-avec-bernard-lahire-la-sociologie-n-incarne-pas-une-culture-de-l-excuse–294371
[45] https://ses.ens-lyon.fr/articles/entretien-avec-bernard-lahire-la-sociologie-n-incarne-pas-une-culture-de-l-excuse–294371
[46] https://ses.ens-lyon.fr/articles/entretien-avec-bernard-lahire-la-sociologie-n-incarne-pas-une-culture-de-l-excuse–294371
[47] https://ses.ens-lyon.fr/articles/le-savant-et-les-politiques-a-quoi-servent-les-sciences-sociales–179900
[48] Pierre Bourdieu, « Questions de sociologie », Editions de Minuit, 1984, p.27
[49] Pierre Bourdieu, « Questions de sociologie », Minuit, Paris, 1980, pp.23-24
[50] https://ses.ens-lyon.fr/articles/le-savant-et-les-politiques-a-quoi-servent-les-sciences-sociales–179900
[51] https://ses.ens-lyon.fr/articles/le-savant-et-les-politiques-a-quoi-servent-les-sciences-sociales–179900
[52] https://ses.ens-lyon.fr/articles/les-chevaliers-jedi-de-la-sociologie-287091
[53] Richard Devetak, « Critical Theory », dans Scott Burchill et al. (eds), Theories of International Relations, Londres, Palgrave Macmillan, 1996, p. 166
[54] Robert W. Cox, « Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory », Millennium, 10 (2), 1980, p. 126-155
[55] Foucault, Michel, « Du gouvernement des vivants », cours au collège de France (1979-1080), Paris, Seuil/Gallimard, 2012
[56] https://ses.ens-lyon.fr/articles/sociologie-a-quoi-sert-la-sociologie-aujourd-hui–29213
[57] Weber, Max, « Le savant et le politique » (1919), Editions La Découverte, Paris, 2003
[58] https://ses.ens-lyon.fr/articles/les-chevaliers-jedi-de-la-sociologie-287091
[59] Max Weber, « Essais sur la théorie de la science », Paris, Presses Pocket, Agora, 1992, p.125
[60] Émile Durkheim, « Éducation et sociologie » (1938), PUF, Quadrige, Paris, 1989, p.71
[61] Émile Durkheim, « Leçons de sociologie. Physique des mœurs et du droit », 1890-1900
[62] https://ses.ens-lyon.fr/articles/le-savant-et-les-politiques-a-quoi-servent-les-sciences-sociales–179900
[63] Foucault, Michel, « Du gouvernement des vivants », cours au collège de France (1979-1080), Paris, Seuil/Gallimard, 2012
[64] Thaddeus Jackson, “Chap. 1: Playing with fire” in The Conduct of Inquiry in International Relations: The Philosophy of Science and its Implications for the Study of World Politics. New York: Routledge, 2011, pp. 1-25
[65] https://ses.ens-lyon.fr/articles/economie-sociologie-comment-raisonnent-et-travaillent-ces-deux-sciences-sociales-une-application-a-lentreprise
[66] Robert W. Cox, « Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory », Millennium, 10 (2), 1980, p. 126-155
[67] Robert W. Cox, op. cit., p. 126-155
[68] Pierre Bourdieu, « La distinction : Critique sociale du jugement », Editions de Minuit, 1979
Bibliographie :
Ouvrages :
- Bourdieu, Pierre, « La distinction : Critique sociale du jugement», Editions de Minuit, 1979
- Bourdieu, Pierre, « Questions de sociologie», Editions de Minuit, 1984
- Durkheim, Émile, « Les règles de la méthode sociologique», 13e édition Quadrige, PUF, 2007
- Durkheim, Émile, « Le suicide : étude de sociologie», 13e édition Quadrige, PUF, 2007
- Émile Durkheim, « Éducation et sociologie» (1938), PUF, Quadrige, Paris, 1989, p.71
- Émile Durkheim, « Leçons de sociologie. Physique des mœurs et du droit», 1890-1900
- Foucault, Michel, « Du gouvernement des vivants», cours au collège de France (1979-1080), Paris, Seuil/Gallimard, 2012
- Pierre Favre et Olivier Fillieule, « L’atelier du politiste – Théories, actions, représentations», Édition la découverte, 2007
- Nicolas Machiavel, « Le Prince», 1532
- Kelsen, Hans. “Science and Politics.” The American Political Science Review, vol. 45, no. 3, 1951, pp. 641–661
- Max Horkheimer, « Théorie traditionnelle et Théorie critique», Paris, Gallimard, 1974
- Ian Hacking, « The Social Construction of What?», Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1999
- Richard Devetak, « Critical Theory », dans Scott Burchill et al. (eds), Theories of International Relations, Londres, Palgrave Macmillan, 1996
- Max Weber, « Essais sur la théorie de la science», Paris, Presses Pocket, Agora, 1992, p.125
- Weber, Max, « Le savant et le politique» (1919), Editions La Découverte, Paris, 2003
Articles scientifiques :
- Robert W. Cox, « Social Forces, States and World Orders: Beyond International Relations Theory », Millennium, 10 (2), 1980, p. 128
- Patrick Thaddeus Jackson, “Chap. 1: Playing with fire” in The Conduct of Inquiry in International Relations: The Philosophy of Science and its Implications for the Study of World Politics. New York: Routledge, 2011, pp. 1-25
- Thierry Deffarges, « Sur la nature et les causes du terrorisme. Une revue de la littérature économique » dans la Revue Tiers Monde (en ligne sur cairn), n°174, 2/2003, p.369-392.
- Alan B. Krueger, «What Makes a Terrorist: Economics and the Roots of Terrorism »,
- Alan B. Krueger, Jitka Maleckov, « Education, Poverty and Terrorism: Is There a Causal Connection? », Journal of Economic Perspectives, Vol. 17 (4), 2003, pp. 119–144
- Sophie Dubuisson-Quellier, « De la routine à la délibération. Les arbitrages des consommateurs en situation d’achat», Réseaux, Vol.24, n°135-136, 2006, pp.253-284
- Cécile Péchu, « Laissez parler les objets ! », in Pierre Favre et Olivier Fillieule, « L’atelier du politiste – Théories, actions, représentations », Édition la découverte, 2007, pp. 59-78
- Alexandre Dézé, « L’image en question. Retour sur une enquête de réception du discours graphique du Front National », Mots, n°81, 2006
Liens internet :
- Entretien de Michel Foucault sur la définition du « pouvoir comme une relation ». URL :
- https://ses.ens-lyon.fr/les-fiches-de-lecture/l-atelier-du-politiste-theories-actions-representations-33322
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/economie-sociologie-comment-raisonnent-et-travaillent-ces-deux-sciences-sociales-une-application-a-lentreprise
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/sociologie-a-quoi-sert-la-sociologie-aujourd-hui–29213
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/regards-sur-le-terrorisme-que-nous-disent-les-economistes-les-sociologues-et-les-politistes-285952
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/atelier-pedagogique-les-statistiques-info-ou-intox
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/le-role-de-l-economiste-et-la-place-de-l-economie-dans-la-societe-aujourd-hui-25424
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/leconomie-comportementale-nouvelle-approche-des-comportements-individuels-et-des-phenomenes-sociaux
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/intervention-de-roger-guesnerie-aux-assises-des-ses-72042
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/laisser-parler-les-donnees-applications-du-machine-learning-en-economie
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/entretien-avec-bernard-lahire-la-sociologie-n-incarne-pas-une-culture-de-l-excuse–294371
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/le-savant-et-les-politiques-a-quoi-servent-les-sciences-sociales–179900
- https://ses.ens-lyon.fr/articles/les-chevaliers-jedi-de-la-sociologie-287091
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