Politiques de Sécurité
Contenu du cours de Politiques de Sécurité :
L’étude des conflits armés, de la violence politique et des politiques de sécurité est généralement dissociée de l’étude de l’État, de l’ordre politique ou de l’expérience quotidienne des sociétés pacifiées.
Cette distinction est toutefois en partie illusoire. Tout au long de l’histoire, les guerres civiles et interétatiques ont été des événements fondateurs qui ont façonné les relations humaines et les institutions sociales au sein et au travers des sociétés.
Inversement, les guerres, les conflits armés et la violence politique ne peuvent être analysés exclusivement comme des moments de paroxysme, de mesures extraordinaires et de violence extrême : ils ont leurs économies, leurs formes de gouvernance (rebelle), leur propre ordre social et leurs propres règles informelles, qui participent tous aux flux et aux interactions mondiaux.
Dans nos États modernes, les politiques de sécurité jouent un rôle important dans la médiation de la relation entre les ordres violents et non-violents : elles présupposent un certain niveau de contrôle de la violence de la part de l’État, elles impliquent généralement une certaine capacité à utiliser la force, mais aussi – au nom de l’ordre – elles peuvent elles-mêmes contribuer à des dynamiques déclenchant ou réprimant la violence politique.
Pour toutes ces raisons, le choix méthodologique qui sous-tend ce cours est de traiter simultanément des conflits intra-étatiques et inter-étatiques, du présent et de l’histoire, des conflits violents et non-violents. Les distinctions théoriquement établies entre conflit / post-conflit, guerre / paix, interétatique / intraétatique, sécurité / insécurité seront ici toutes considérées comme des champs d’investigation plutôt que comme des objets allant de soi.
Tout en présentant les principales théories et les principaux concepts de l’étude de la violence politique, des conflits armés et des politiques de sécurité, nous donnerons toujours des exemples concrets et des illustrations afin de montrer comment les théories et les concepts peuvent aider à comprendre le monde actuel et le passé récent. Les considérations théoriques et empiriques seront donc étroitement liées.
C’est pourquoi les cours sont divisés en deux parties principales :
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La première partie tente de donner une vue d’ensemble des principaux thèmes, concepts et outils théoriques à travers lesquels les conflits armés, les dynamiques de sécurité et la violence politique ont été traités dans les sciences sociales. Elle tente également de comprendre leurs variations historiques au niveau macro-sociologique.
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La deuxième partie traite des dynamiques sociales des guerres contemporaines et de la professionnalisation de la sécurité : les pratiques des professionnels de la sécurité (l’armée, la police, les services de renseignement, etc.). Tout en conservant une perspective globale, l’accent est mis ici sur le « microcosme » ou les fondements microsociologiques du « monde » des professionnels de la sécurité.
Objectifs du cours de Politiques de Sécurité :
L’objectif de ce cours est de stimuler la réflexion critique sur la violence organisée, les conflits armés mais aussi sur les politiques de sécurité qui en découlent et qui perdurent en temps de paix. Plus spécifiquement, les étudiants développeront les capacités suivantes :
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Développer une attitude critique vis-à-vis de la nature politique et sociale de la violence armée, de ses dynamiques et de ses pratiques.
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Identifier les principaux acteurs, tendances et dynamiques des conflits armés et des politiques de sécurité.
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Maîtriser les concepts, les théories et les outils intellectuels permettant de comprendre les conflits armés, la violence organisée et les politiques de sécurité et de les appliquer à des cas concrets.
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Prendre conscience des conditions sociales, telles que les organisations sociales complexes et les technologies, qui favorisent la violence organisée, et adopter une perspective analytique à cet égard.
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Comprendre comment la violence politique peut être expliquée en relation avec son contexte socio-historique pertinent plutôt qu’en l’interprétant en termes strictement culturalistes ou psychologisants.
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Améliorer leurs compétences pour participer à des discussions concrètes et orientées vers les politiques à mettre en œuvre sur la gestion de la violence nationale, internationale et transnationale.
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Améliorer leurs capacités à rédiger des essais académiques.
Pré-requis :
Une maîtrise parfaite de la langue française est nécessaire. De plus, le cours comprend des lectures obligatoires, et la plupart de ces textes sont en langue anglaise. Par conséquent, une bonne maîtrise préalable de l’anglais académique est fortement recommandée.
Méthodes d’enseignement :
Le cours prendra la forme de 12 cours en ligne de 1 heure et 30 minutes chacun. Avant chaque cours, un texte doit être lu par tous les étudiants : ces lectures sont obligatoires et doivent être lues de manière attentive et réflexive. Elles doivent permettre aux étudiants de comprendre les thèmes et les enjeux abordés pendant les cours en ligne. Il est vivement conseillé de rédiger un résumé des textes après les avoir lus afin de faciliter les révisions. Les textes peuvent être trouvés en version électronique sur le site du Policy Center ou envoyés par email.
La langue d’enseignement et d’examen est le français. Pour des raisons que nous aurons d’ailleurs l’occasion d’explorer ensemble pendant le cours, en revanche, la plupart des lectures obligatoires sont en anglais. Des lectures d’appui en français sont toutefois proposées si vous rencontrez des difficultés de compréhension liées à la langue.
Évaluation :
Examen et dissertation en ligne (3h). Il s’agira d’un examen d’une durée de 1h, avec 3 questions portant sur le contenu du cours (lectures, cours magistraux, diapositives des cours magistraux) auxquelles il faudra répondre dans un espace limité. Les questions comptent pour 33% de la note. La réponse à chaque question sera évaluée de la manière suivante :
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Les questions nécessiteront une connaissance théorique et factuelle des éléments vus tout au long du cours et des lectures (11%).
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Pour y répondre, vous devrez faire appel à vos capacités d’analyse, de prise de distance critique, de mise en perspective, tout en faisant abstraction des connaissances acquises (11%).
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Enfin, vous devrez démontrer vos compétences rédactionnelles académiques, votre capacité à utiliser une terminologie pertinente et à présenter une argumentation de manière convaincante, claire et structurée (11%).
Les deux heures restantes seront consacrées à une dissertation (67 % de la note globale) portant sur un thème général lié à une zone géographique. La dissertation nécessitera une connaissance théorique et factuelle des éléments vus tout au long du cours et des lectures. Pour y répondre, vous devrez faire appel à vos capacités d’analyse. Vous devrez également faire preuve d’une capacité à prendre une distance critique, à relativiser, à faire abstraction des connaissances acquises.
Enfin, une note (sur une échelle de 20 points) sera attribuée conjointement pour l’examen et la dissertation. Les critères d’évaluation sont les suivants :
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La compréhension de la question posée.
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Les compétences analytiques.
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La clarté et la qualité de l’argumentation.
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La structure de la dissertation.
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La capacité à mobiliser les théories, concepts et auteurs pertinents.
